
La Suisse est une plaque tournante du négoce des matières premières. Saviez-vous que cette activité représente 4 % du PIB suisse, et même 22 % des recettes fiscales pour le canton de Genève. Cette semaine, nous abordons le thème de l’ardoise. Nous évoquerons l’histoire de l’ardoise et son utilisation. Puis, nous verrons que l’on peut visiter une mine d’ardoise à Engi (GL) en Suisse.
Cela nous donne l’occasion d’admirer ci-dessus le médaillon (sculpture) : Louis XVI. Couronne de laurier de Pierre-Simon-Benjamin Duvivier, qui date du 18ème siècle et qui est conservé au musée Carnavalet, Histoire de Paris.
Lorsque nous prononçons le mot "tableau noir", nous pensons tous immédiatement à nos professeurs écrivant à la craie sur cette surface. Mais saviez-vous que cet objet tire son nom de la localité de Lavagna, en Ligurie, où se trouve l'une des carrières les plus anciennes et les plus rentables pour l'extraction de l'ardoise, une roche métamorphique d'origine sédimentaire utilisée précisément pour fabriquer le mobilier de nos écoles ?
Et ce n'est pas tout ! Grâce à ses caractéristiques spécifiques, l'ardoise est un matériau largement utilisé dans de nombreux secteurs, de l'architecture à la construction, de l'art au design.
On pense que l'ardoise a été utilisée pour la première fois il y a environ deux mille deux cents ans dans la région du Tigullio, entre la commune de Lavagna et la vallée de Fontanabuona, en Ligurie.
Son utilisation est antérieure à la domination romaine. En effet, à Chiavari, près de Lavagna, on a découvert une nécropole composée de tombes entièrement réalisées avec ce matériau.
Son utilisation comme matériau de couverture remonte à l'Antiquité et a connu son apogée au Moyen Âge puis à la Renaissance.
Les premiers gisements exploités intensivement à partir du XIIème siècle sont ceux d'Uscio et de Recco, dans la vallée de Fontanabuona. D'autres gisements ont été localisés dans la région de Cuneo (Piémont) et dans la Valle Camonica (Lombardie). Récemment, l'ardoise a connu un renouveau dans son utilisation architecturale pour la restauration de bâtiments historiques, l'ameublement ainsi que la finition et l'embellissement d'intérieurs.
L'ardoise est traditionnellement utilisée pour les toitures, les sols intérieurs et extérieurs, les portes, les marches d'escalier et, bien sûr, les tableaux d'école. Elle possède également des propriétés mécaniques qui en font une surface idéale pour le billard. En effet, depuis son invention par les Égyptiens, le billard avait un plateau en bois. En 1826, un fabricant londonien remplaça la planche de chêne de 10 cm d'épaisseur par une plaque d'ardoise de 5 cm d'épaisseur, améliorant ainsi le poids, l'élasticité et la résistance.
C'est précisément le billard, surtout à partir de 1950, qui a constitué la principale utilisation de l'ardoise, favorisant un débouché considérable sur le marché américain.
Au cours des dernières décennies, grâce au développement technologique des entreprises du secteur, l'ardoise a également fait son entrée dans le monde de la décoration d'intérieur et de la maison, avec des étagères, des plateaux de table, des bancs et divers types d'objets. Le développement technologique, ainsi que l'élargissement des possibilités de traitement, ont permis à l'ardoise d'atteindre des niveaux de compétitivité commerciale qui étaient impossibles à atteindre avec un traitement entièrement manuel.
La mine d’ardoise à Engi (GL) organise des visites. Cette mine a fait vivre la vallée entre le XVIIème et le XXème siècle. Les plaques étaient exportées jusqu’en Hollande et en Angleterre. Fermée en 1961, la mine est aujourd’hui une attraction touristique de la région.
Dans la même série, « Les matières premières et l'art» :
Source :
Cenni storici, proprietà e uso dell'Ardesia (ardesiademartini.com)
Landesplattenberg | Suisse Tourisme (myswitzerland.com)
http://www.ardesiademartini.com/cenni-storici-proprieta-uso-dellardesia/
Photo credit : Duvivier, Pierre Simon Benjamin (Paris, 05–11–1730 - Paris, 11–07–1819), sculpteur, CC0, via Wikimedia Commons
With 20 years of experience in a bank in the commodities sector, my responsibilities included managing information, specializing in press reviews and information research for managers. In addition, documentary products such as a dictionary of metals were created under my supervision.